Faits d’escrime médiévale et combat historique

J’ai (tardivement) découvert le travail de vulgarisation de certains acteurs de la scène des arts martiaux historiques européens (dont entre autre l’escrime médiévale), en particulier Matt Easton. Et pour garder une trace personnelle d’un certains nombre de faits et d’avis, j’ai écris une compilation (partielle) en texte issu de sa chaîne Youtube et quelques autres sérieuses (Lindybeige, Knyght Errant).

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L’intérêt d’un gars comme Easton est qu’il a une formation classique sérieuse (en archéologie médiévale), dix huit années de pratique AMHE dont quatorze comme instructeur dans son école Schola Gladiatoria, arbitre des tournois, collectionne des épées antiques, est invité à préfacer des bouquins d’historiens, d’avoir fait de la traduction de sources premières, etc. Bref, des références. Je ne dis pas qu’il est un expert absolu (il ne le dit pas lui-même), mais il à l’avantage de parler de beaucoup de choses, de citer les sources historiques, de différencier ce qu’il sait de ce qu’il pense, et de s’exprimer clairement dans ses vidéos (un avantage que les moins anglophones apprécieront). Bref, contrairement à certains livres historiques sérieux mais datés (et ignorant donc des découvertes plus récentes), d’autres livres propageant de fausses idées parce que l’auteur (fut-il réputé) n’a jamais tenu une épée de sa vie, sans parler des idées reçues des jdr ou des milliers d’amateurs faisant tout et surtout n’importe quoi en vidéo, c’est une source secondaire un peu plus sérieuse.

Plus sérieuse ne veut pas dire absolue. Encore moins ici où je paraphrase, compile, synthétise, et encore pas la totalité de son propos. Ce billet est juste un bloc note sans ordre ni sens, pour pouvoir m’y référer plus tard.

  • L’idée qu’une arme plus agile, plus « rapide en main » (comme une dague ou une épée de cour) est en pratique en combat plus rapide, offre un avantage sur une arme plus longue, plus lourde, moins agile, est globalement fausse. Parce qu’on ne passe pas son combat entier collé à son adversaire, et que pour frapper il faut avancer à distance de frappe puis ensuite revenir en arrière : donc l’allonge d’une arme compense largement pour son pseudo manque de vitesse.
  • Quand on juge d’une arme, il faut tout regarder : la facilité avec laquelle elle frappe, mais aussi les dommages qu’elle fait contre quelqu’un avec et/ou sans armure, ses capacités défensives, son prix, le prix et la difficulté de sa maintenance, sa durabilité, ainsi que (voir surtout) sa facilité de transport au quotidien.
  • Si les épées ont été pendant deux à trois millénaires l’arme courante, et parfois l’arme iconique, centrale, il faut se souvenir de plusieurs choses :
    • C’est souvent une arme secondaire ou tertiaire, oui même chez le chevalier médiéval (à pied ou à cheval).
    • C’est avant tout parce que c’est une arme facile à porter, on la porte comme on porte un vêtement : on peut porter une épée chez soi, en allant boire un coup, jouer aux dés, monter à cheval, aller acheter du pain, etc.
    • C’est une arme immédiatement utilisable, contrairement à un arc ou une arbalète par exemple, et qui peut être très rapidement en main.
    • Sans être indestructible, c’est une arme plus durable qu’une arme en bois.
  • En combat historique (avant les pistolets et autres armes à feu contemporaines), les armes d’hast, lances et autres hallebardes sont généralement les armes les « meilleures » armes de combat, pas juste en bataille mais aussi en combat individuel ou hors guerre. Pour citer (paraphraser) Matt Easton : « un débutant complet avec une lance gagnera généralement contre un épéiste modérément expérimenté/compétent ».
  • Les armes d’hast semblent s’employer de façon visuellement proche d’un bâton de combat.
  • Les avantages d’une arme d’hast sont : l’allonge (qui est variable à souhait, on peut « rétracter » très vite son arme pour la ramener à l’allonge d’une épée ou moins) ; la vitesse et facilité de déplacement de la pointe (arme à deux mains donc levier) où l’on peut feinter à la tête et frapper une jambe en un clin d’œil ; l’arme est plus lourde et tenue avec plus de force et peut facilement repousser par exemple une lame d’épée sur le côté (et continuer dans le même mouvement en embrochant l’épéiste).
  • Les désavantages d’une arme d’hast sont : c’est chiant à transporter et encombrant, le long manche en bois est plus fragile surtout dans la durée, on peut agripper l’arme de l’attaquant facilement, les mains sont exposées et relativement vulnérables sans gantelets d’armure. Même une lourde épée très affutée ne tranchera pas le manche en bois d’une lance ou d’un marteau de guerre ou équivalent (à l’exception possible des armes de lancé comme un javelot, bien plus légères). Le manche peut être très abimé lors d’un combat, et des tests ont montré qu’une épée classique détruit un manche de lance en trois coups parfaitement ajustés. Mais trancher d’un coup un manche neuf, non.
  • Le katana n’est pas l’arme magique mirifique mythique que certains décrivent. C’est une épée comme une autre, bonne à très bonne pour certains usages, mauvaise pour d’autres. Ni plus, ni moins.
  • Les masses (y compris les variantes morgenstern) et marteaux de guerre sont des armes anti armures, généralement employées par des cavaliers armurés contre des cibles armurées. Ce sont des armes dangereuses, comme un lourd tuyau d’acier ou un marteau de bricolage moderne le seraient, mais sérieusement inférieures à des armes plus longue de taille ou d’estoc si la cible n’a pas d’armure.
  • La rapière n’est pas cette sorte de mini épée très légère et rapide portée par les dandys décrite dans la plupart des jdr. C’est une épée faisant le poids d’une épée médiévale classique (au sens épée de croisé ou de chevalier), avec une garde élaborée, généralement un anneau pour passer l’index par-dessus le quillon, avec une lame étroite et plus longue qu’une épée classique. C’est une arme orienté estoc mais capable de tailler (et d’ailleurs de trancher). L’arme légère et rapide décrite dans les jdr est en fait l’épée de cour (smallsword, donc épée courte) qui se généralise après la rapière et est avant tout une arme civile de duel et quelque fois de défense personnelle.
  • On ne combat pas en se collant à son adversaire. L’image de l’escrimeur sportif contemporain qui reste hors de portée, puis avance rapidement en attaquant rapidement avant de reculer et de recommencer encore et encore est en fait très proche du combat médiéval. L’on reste juste hors de portée d’attaque de l’adversaire, et l’on avance en attaquant ou parant, riposte, etc. avant de revenir en arrière et puis de recommencer. D’où l’avantage considérable de l’allonge.
  • Si en combat avec peu ou pas d’armure l’allonge d’une arme est un très sérieux avantage, cet avantage est réduit voir disparait contre une cible en armure lourde (en particulier l’armure de plaques) et est réduit contre les larges boucliers.
  • Les capacités physiques d’un combattant, d’un épéiste médiéval, comptent globalement peu. L’épée est le grand égalisateur, être très fort ou peu fort (ou agile ou intelligent) n’a pas une grande importance (mais tout de même un peu). Mais : il faut avoir le minimum physique pour manier l’arme (et certaines demandent plus de force), avoir une mauvaise forme physique générale est un handicap certain, et l’endurance est très importante quand le combat dure ou quand on ne sait pas combien de temps il va durer comme dans une mêlée de bataille par exemple. Utiliser à deux mains une épée (comme l’épée longue) se fait par n’importe qui, même une adolescente de 40 kg. À l’inverse, un arc et en particulier un arc de guerre demande une force supérieure à la normale et de connaître la technique pour tirer correctement la corde.
  • Les répliques modernes d’armes anciennes et d’épées en particuliers ne donnent presque jamais une idée de la maniabilité de l’arme qu’elle réplique. La plupart sont fait avec des machines et des techniques qui n’ont rien à voir avec la forge, et à forme, poids et même point d’équilibre identique la tenue en main, son agilité en main reste totalement différente.
  • Les blessures de loin les plus courantes sont aux membres, et en particulier les mains (et surtout la main d’arme ou la main en avant).
  • Les épées font parti des armes les plus durables, mais elles ne sont pas indestructibles. Elles demandent un entretien. Mais elles se brisent aussi (comme d’autres armes), bien plus souvent que le jdr ne le montre. Et parfois bêtement, comme une source historique montrant un officier de cavalerie tombant de cheval, son sabre sous lui, et il casse.
  • Le tempo des combats correspond à peu près aux échanges rounds après rounds d’un jdr. Ils ne sont pas parfaits, mais pas si artificiels que cela.
  • Le mythe hollywoodien du héro avec simplement une épée ou équivalent qui zigouille des tas d’ennemis ? En fait, si, cela a existé. Sans que ce soit le jeune surdoué entraîné par les meilleurs depuis sa tendre enfance ou quoi que ce soit. Exemple : 4 ou 5 personnes différentes témoignent du même soldat britannique pendant un siège en Inde au XIXe siècle : il marche dans une rue, se fait surprendre, part le tulwar de l’attaquant qui brise la garde de son sabre et lui inflige une taille sur la main, il réplique à la tête et le tue. Peu après il continue sur un pont, où juste avec son épée il tue seul 10 indiens. Le terrain aidait probablement, le rythme, l’initiative, ce n’étaient pas en face tous des soldats durcis, mais oui c’est possible.
  • Une arme dans chaque main (« dual wielding ») est en fait historique, et utilisable. Bien sûr techniquement rapière et main gauche, épée et bocle, tout cela est utiliser deux armes. Mais même deux épées (de taille normale), ou disons une hache d’arme et une épée, ou autre combinaisons, sont possibles et sont montrées dans des sources historiques même au Moyen-Âge. Cela reste toutefois rare, et l’utilité de la chose est limitée à quelque contexte particuliers, comme la mêlée générale ou le combat de groupe. Ceci dit entre deux épées ou une épée et un bouclier, le bouclier reste largement supérieur. Et deux armes n’influent que peu à pas du tout sur le « nombre d’attaque » faites par un combattant, soit l’arme de contre main est utilisée défensivement, soit en alternance.
  • Les blessures d’estoc sont généralement plus dangereuses que les blessures de taille : une épée (pointue) entre énormément plus facilement à travers des vêtements et dans un corps humain qu’une taille, de plus elles sont bien plus difficiles à soigner pour un chirurgien. Cela ne veut pas dire que les techniques ou armes d’estoc sont meilleures que les techniques ou armes de taille car il y a d’autres considérations (vitesse, mêlée, défense, etc.).
  • Les vêtements, surtout lourds comme un uniforme militaire ou d’hiver protègent bien mieux qu’on ne pourrait le croire, même contre des attaques d’estoc.
  • Comme tout objet fait avant l’industrialisation, le prix des armes (et donc épées) varie grandement. Matt Easton donne l’exemple à la fin du Moyen-Âge du roi Henry qui commande douze épées chacune valant le prix de construction d’un manoir ou d’un petit château, quand une cour de justice évalue le prix de l’épée utilisée pour un meurtre à 1 penny (un soldat archer de l’époque, le soldat le moins bien payé, étant payé 3 pence par jour).  Les autres armes comme la masse et le marteau de guerre, bien que spécialisés pour le combat armuré (et donc pour les riches) valent un peu moins cher qu’une épée à l’achat. Mais globalement les armes valent relativement peu (en particulier à partir du dernier tiers du Moyen-Âge) tout simplement parce que chaque nouvelle arme forgée s’ajoute aux armes déjà en circulation.
  • Un bouclier de l’époque viking (disons VIe siècle au XIe) varie grandement en taille, mais l’on en trouve pas mal faisant 45cm à 50cm de diamètre (plus petit qu’on ne le croit généralement). Un bouclier de cette époque de 60cm pèsera usuellement 2.7kg.
  • La plupart des épées à une main pèse autour de 900g, 1kg. Les épées à une main les plus lourdes dépassent très rarement 1.4kg (et accessoirement les rapières font parties des épées les plus lourdes, mais leur construction et équilibre les rendent agiles en main).
  • Le bâton (l’on parle ici du « quarterstaff », bâton dur et droit d’environ 1m80) est une arme assez décente. Contre l’épée par exemple, il a un très sérieux avantage en allonge mais aussi en vitesse (avec un simple et court levier on peut frapper au visage puis frapper au mollet par exemple). Et bon en défense, une épée ne tranchera pas un tel bâton. Il a par contre le sérieux désavantage de faire peu de dommages mortels ou incapacitants comparés à une épée tranchante et/ou pointue. D’où les armes d’hast, qui sont en fait simplement un bâton de combat avec un ou deux bouts pointus, tranchants, lourds, bref en métal. Il a aussi l’énorme désavantage de ne pouvoir être porté au côté, on ne porte pas un bâton de combat on le transporte : difficile d’aller jouer aux dés, monter à cheval, boire un coup, ouvrir et passer des portes, ou simplement faire son marché avec une arme aussi longue. Mais pour finir, il a aussi l’énorme avantage de ne pas être une arme : c’est juste un bâton ! Donc c’est légal, et parfois raisonnablement commun.
  • Il n’y a pas d’épée parfaite (et l’on doit pouvoir étendre cela à toutes les armes de mêlée). Masse, longueur, largeur, épaisseur, rigidité, point d’équilibre, lame droite ou courbée dans un sens ou un autre, et toutes les autres caractéristiques d’une épée sont des vases communiquant : si l’on veut plus d’allonge, il faut soit augmenter le poids de l’épée, soit réduire la largeur ou la longueur ou l’épaisseur de la lame, soit forger des gouttières, ou autre technique. On peut imaginer une épée parfaite pour un type de combat très précis, un type d’arme en face très précis, un type d’armure, un type d’environnement, le nombre de combattants impliqués, voir même la formation, le physique et les préférences de l’épéiste ; tout cela ensemble. Mais c’est une situation académique, dans la réalité on ne peut pas vraiment contrôler tous ces paramètres.
  • L’épée à deux mains (parfois appelée par le germanique zweihander/zweihänder ou l’italien montante ou spadone) est grande, vraiment grande. La moyenne pourrait être de 1m75 environ, le poids moyen de ces épées d’époque allait de trois à quatre kg, soit en fait un poil moins que les armes d’hast. Or l’épée à deux mains est en fait une arme d’hast, bien plus proche de ces longues armes que d’une épée à une main. Rappelons aussi que ce type d’arme n’existe que peu (voir pas) avant le XVIe siècle (voir les Landsknechts pour plus d’information).
  • Les épées à deux mains plus courtes, tournant autour de ce qu’on appelle aujourd’hui un bâtarde, commencent à devenir populaire autour de 1360 (et arrive fin XIIIe siècle ici et là mais vraiment rarement). Soit en même temps que l’arme complète de plaque, quelles ont pour objectif de passer outre. Donc non à l’époque des croisades par exemple, ce genre d’arme était une curiosité, une exception bizarre, et inconnue (et peu utile) sur le terrain militaire.
  • Beaucoup d’armes médiévales étaient achetées par leur utilisateur, et non fournies par l’autorité pour laquelle ils combattaient (il y a des exceptions, tournant en général autour des arcs, arbalètes, hallebardes et autres longues armes d’hast ; qui étaient stockées par une autorité puis distribuées à la populace combattante quand la guerre arrive). C’est la professionnalisation de la chose militaire qui se répand au XVIIe siècle qui change cela, où le soldat se voit fournir tout ou partie de son équipement.
  • Les lames (épées sous diverses formes, dagues, couteaux, etc.) sont des armes portées, au côté, donc des armes achetées par et pour un usage civil. Quand leur propriétaire part à la guerre, elles deviennent des armes secondaires (derrière les lances, fusils, etc.) et donc moins importantes et donc souvent conservées de leur usage civil. Dit autrement, une épée de cour n’est pas une bonne arme de champ de bataille, mais habitué à son usage pourquoi en change pour un sabre inconnu quand de toutes façons on ne l’utilisera probablement jamais ?
  • Un combattant (par exemple un épéiste) gaucher n’est pas magiquement meilleur qu’un droitier. Simplement, les gens (qu’ils soient droitiers ou gauchers) sont habitués à combattre des droitiers qui forment la grande grande majorité.
  • Ce qu’on appelle aujourd’hui hallebarde est en fait plutôt un cousin pauvre des armes d’hast évoluées. Ces dernières sont plus compliquées et chères à fabriquer, moins longue, plus « haut de gamme », conçues et utilisées par des gens d’armes et spécifiquement contre généralement des gens d’armes armurés. La hallebarde plus longue et simple reste toutefois redoutablement efficace, comme le prouve sa longévité de plusieurs siècles (jusqu’à plus de deux siècles d’un dessin précis inchangé en un cas).
  • L’arc long de guerre (le longbow anglais, grand arc pour certains français) est –un peu– plus grand que son porteur, c’est ± sa définition. Souvent en if au mieux, sinon en orme voir en frêne. Corde en lin, recouverte de cire d’abeille contre l’humidité.
  • C’est très variable selon l’époque et le modèle exact de l’armure, mais un certain nombre d’armures de plaques (mêmes « légères » du début de la plaque) empêchent un usage plein de l’arc long de guerre, à cause surtout des plaques de bras et d’épaule. Le plastron lui-même ne cause pas vraiment de problèmes.
  • Une armure de mailles pure est énormément moins efficace et protectrice qu’une maille doublant une cotte de tissu (gambison ou autre).
  • Knyght Errant estime que quelqu’un en bonne condition physique qui s’est bien et longtemps entraîné en armure perdra 15 à 20% de performance physique (agilité et autre) dans sa plaque (et maille) de 31kg. L’entraînement physique in situ comptant pour beaucoup, l’entraînement technique comptant aussi.
  • L’armure de plaque, c’est bruyant ! A contrario une maille de qualité, sur mesure et ajustée pour peut faire un bruit minimal.
  • Pour donner une approche du prix, une plaque pas trop complexe (avec mailles, etc. disons mi-fin XIVe) faite aujourd’hui correctement et sur mesure (ce qui est indispensable) coûte de $10000 à $30000. Aujourd’hui. Avec l’abondance du métal, des outils, etc.
  • Durée (une fois habitué) pour enfiler un haubergeron de maille : 30 secondes, 10 secondes pour l’enlever. Pour passer des sous-vêtements et cotte matelassée à une armure de plaque plutôt rapide à enfiler (fin XIVe, simple) : 9mn25 (dont les 3mn30 à 4mn à la fin avec une aide obligatoire de quelqu’un qui connait déjà cette armure). 3mn30 pour l’enlever proprement (dont la première minute avec de l’aide), probablement 2mn30 à 3mn pour l’enlever comme un sagouin.
  • La splint armor (traduction ?) arrive un peu avant la plaque et coexiste ensuite avec elle. Matériaux plus ou moins souple (cuir ou textile) sur lequel des petites attelles de métal sont attachées.
  • Une étude sérieuse sur l’apparition des armures complexes, où et quand au XIVe.
  • Les ornementations d’armure ont aussi une fonction de survie : si je suis assez riche pour décorer mon armure, je suis assez intéressant pour que vous me laissiez en vie quand je perds une bataille afin de me rançonner.
  • Pesée de pièces de plaque fin-XIVe début-XVe par Knyght Errant: soleret 397g pièce, grève 1.02kg pièce, cuissot 1.76kg, haubergeron de mailles 6.89kg, tour de cou 595g, plaque de torse (frontale) 2.95kg, brassard 1.70kg pièce, bassinet et camail 4.05kg plus viseur facial 1.28kg, chapel de fer 2.8kg; gantelet 680g pièce. Soit environ 24 à 27kg au total, ce qui est en ligne avec des pesées de pièces historiques même si bien sûr le poids varie selon la pièce et l’époque (en particulier la maille).
  • Des détails :
    • Solerets de plaques (sur les pieds) apparaissent vers 1330 et remplacent la maille petit à petit durant le XIVe et XVe. Ils s’allongent après jusqu’au XVe extrême, puis raccourcissent subitement au XVIe. Il y a beaucoup de formes différentes d’armures de pied. Modelés sur la chaussure, elle-même modelé sur le pied, c’est donc très personnel et sur-mesure.
    • Grèves : première moitié XIIIe maille lacée à l’arrière, seconde moitié XIIIe jambière complète. Fin XIIIe début XIVe apparition de la plaque sur le devant par-dessus la maille. Vers 1350 des grèves de plaque complète enserrant le mollet semblent devenir la norme pour les gens d’arme, bien que la maille voir la cotte existent encore. Les grèves ne reposent pas sur le pied mais sur le muscle du mollet grâce à leur forme extrêmement précisément ajustées et sur mesure d’un porteur : c’est la pièce la plus chère de l’armure à cause de cette nécessaire précision du travail.
    • Cuissots : apparaissent au XIVe, d’abord sous forme de protection unique du genou, puis complète flottante, puis mi XIVe des cuissots articulés. Suspendus à la taille.
    • Maille : utilisée continuellement depuis au moins la Rome antique, jusqu’à la Renaissance et plus. La tapisserie de Bayeux (1066) montre des Normands en haubert de maille jusqu’au genou et trois-quart des bras. Aux croisades de même avec des bras complets et très ajustés, et parfois avec des moufles ou gants au bout. Avec l’arrivée de la plaque, la maille réduit de taille. Au XIVe devient plus commun le haubergeron (petit haubert) : jupe bien plus courte, manches varient en taille, etc. Il existe aussi des manches et jupes séparées à attacher sous la plaque à partir d’au moins 1338. La maille de haute qualité était ajustée sur-mesure pour son porteur.
    • Torse : cotte de plaque (tissu ou cuir avec des morceaux de métal attaché dessus de façons très différentes) en 1250 et dure ensuite. Mi-fin XIVe apparaît la silhouette très commune de la poitrine bombée et de la taille ajustée : métal parfois plein riveté à un support de textile. Toute fin du XIVe apparait le poitrail plein et indépendant en métal. Début XVe apparait la cuirasse pleine, devant-derrière, abdomen et hanches. Fin XVe des cuirasses plus développées, avec plus de formes et de rondeurs. Rappel, le poitrail s’arrête à la poitrine, aux côtes, la partie inférieure est souple ou mobile ou articulée : l’on peut se pencher avec une cuirasse (bien que pas forcément jusqu’au bout) !
    • Brassards (ou canons) : la première pièce généralement à apparaître sur la maille est la rondelle, sur la face avant et intérieure du coude puis de l’épaule. Mi XIVe le brassard flottant apparaît, attaché tout du long. Fin XIVe, le brassard articulé apparaît. Il y a aussi au XIVe des exemples de brassards en cuir durci. La partie basse est forgée sur mesure, presque autant que les grèves.
    • Gantelets : les gants ou moufles (surtout) de maille apparaissent fin XIIe. Une ouverture est souvent présente sur la paume, pour sortir ses mains des moufles. Fin XIIIe début XIVe de la plaque apparait sur les mains d’abord en segments rivetés (à la Vizby). Puis le gantelet de plaque classique arrive, et restera jusqu’au moins la fin du XVe. Bien sûr, les plaques des gantelets recouvrent le dessus et les côté, pas le dessous qui reste un gant de cuir !
  • L’on trouve des exemples d’arbalètes du XIe siècle : extrêmement simples à faire,avec un arc en bois, pas grandement pratique à utiliser mais qui fonctionnent bien, précises, bien que destinée à la chasse légère – clairement pas des armes de guerre.
  • Les carreaux d’arbalètes sont ailés exclusivement en bois. Une théorie est la logistique de guerre et la durabilité : les flèches à plumes ne sont plus utilisables au bout de quelques années de stockage, les carreaux ailés de bois le sont après des siècles.
  • D’après Lloyd, le tir parabolique des archers était rare sur le champ de bataille. Mouais, à creuser.
  • Adaptabilité, spécialisation : l’idée que l’on sache très bien utiliser l’arme X mais nul dès qu’on a l’arme Y en main est stupide. La majorité de ce qui est appris avec une arme de mêlée s’applique à toutes : tempo (le temps requis pour faire telle ou telle chose), distances (connaître ses mesures pour telle action ou tel danger), jugements (compréhension de ce qui est possible et pas et quand, réactions, lecture des mouvements de l’ennemi, feintes, environnement, tactiques, etc.) Ces éléments sont des fondamentaux qui s’applique à toutes les mêlées. Ce qui va manquer sont des mouvements spécifiques, des micro réflexes spécifiques, etc. Par contre, il y a bien une séparation entre armé et corps à corps sans arme, l’on garde ses fondamentaux (et la mêlée inclus une mesure de corps à corps) mais des choses comme les distances changent. Certaines armes sont de techniques plus proches que d’autres couples, mais pas forcément proches en apparence : bâton court et épée à deux mains, lance et épée longue, sabre et rapière. Mais ces différences, minutiae et distances peuvent s’apprendre bien sûr, et/ou se découvrir avec l’usage et l’expérience.
  • L’armure de mailles demande beaucoup, beaucoup de travail manuel. L’armure de plaque peut (tardivement aux XVIe, XVII, XVIIIe siècles) profiter d’apports technologiques et d’un début d’industrie.

Renaissance

  • Le mousquet (et armes équivalentes) ont la même portée effective qu’un arc de guerre mais sont bien plus faciles à utiliser.
  • Un tireur avec un mousquet touche plus facilement un homme à 60 mètres qu’un archer.
  • Les « balles » de mousquet du XVIIe peuvent très bien traverser un homme et continuer à faire des dégâts ensuite.

2 réflexions au sujet de « Faits d’escrime médiévale et combat historique »

  1. Salut!

    Super article, je l’ai fait tourner à mes joueurs!

    Si tu pouvais me renvoyer le site de ta campagne les mille trônes, j’en serais enchanté!
    J’aimerais bien voir où vous en êtes, ce d’autant plus que je m’approche de plus en plus du moment où je vais faire jouer la partie originale de la campagne (après une dizaine d’arcs narratifs d’introduction XD)…

    Tu files du bon coton me semble-t-il, continues, je te lis toujours avec intérêt!

  2. Merci 🙂

    Ma campagne de Warhammer sur VirtuaJDR s’est finie au début de l’été, après deux ans de jeu. Par un gros échec, mais les joueurs ne l’ont pas mal pris… la fin est particulièrement difficile, surtout quand on a raté les 2-3 choses à ne pas rater avant.

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